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La région crurale est caractérisée par la présence
d'une ou plusieurs veines perforantes au sein du canal de Hunter. Dénommées
le plus souvent veines perforantes de Dodd, elles mettent en relation le tronc
saphène interne ou une de ses collatérales avec la veine fémorale
superficielle.
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Figure 61A | Figure 61B
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Figure 61 : Veines perforantes du canal de Hunter (perforante de Dodd).
Variations anatomiques et correspondances échographiques. |
Situé au tiers inférieur de la cuisse, le canal de Hunter (Figure
61 A) est délimité en avant par le muscle vaste interne (M. vastus
medialis), en arrière par le tendon du muscle grand adducteur (M. adductor
magnus) et en dehors par l'aponévrose du canal de Hunter. Cette aponévrose
est perforée, en haut, par le rameau profond du nerf saphène interne
accessoire et la veine perforante de Dodd, en bas, par le nerf saphène
interne et l'artère grande anastomotique.
Dans le canal lui-même, on retrouve, de la profondeur à la périphérie,
le nerf saphène interne et son accessoire, l'artère fémorale
superficielle et la veine fémorale superficielle qui décrit un
demi-tour de spire autour de l'artère homologue.
A l'échographie, en coupe transversale (Figure 61 B), le tronc saphène
interne longe, dans son "ceillet" aponévrotique, le bord postérieur
du muscle couturier (M. sartorius). A ce niveau peut être objectivée
une veine perforante de Dodd si son diamètre est supérieur à 2
millimètres.
L'origine de cette veine perforante est variable : tronc saphène interne
ou accessoire, veine collatérale ou parfois même, un canal collatéral
sous-aponévrotique.
Dans le premier cas, elle naît de la face profonde de la saphène
interne à l'union du tiers moyen et du tiers inférieur de la cuisse.
Longue de 4 à 8 centimètres, elle chemine oblique en haut, en dedans
et en avant. Elle est accompagnée par une branche artérielle et
un rameau profond et sensitif du nerf saphène interne accessoire. Enfin,
elle se termine à la face interne de la veine fémorale superficielle.
Cette veine perforante peut être unique ou multiramifiée en recevant
des collatérales indirectes issues du muscle voisin. Parfois, c'est un
véritable groupe de veines perforantes (jusqu'à 6) que l'on retrouve
dans le canal de Hunter. Une ou deux seulement d'entre elles seront objectivées à l'échographie.
Chez le sujet sain, on n'observe que de faibles variations du diamètre
de la crosse saphène interne. Selon la période du cycle menstruel
ou encore la durée de l'orthostatisme qui a précédé l'examen,
son diamètre sera compris entre 3 et 5 millimètres.
En revanche, des variations anatomiques de tout type sont fréquentes.
Rappelons que l'artère honteuse externe occupe parfois l'angle saphéno-fémoral
ou, plus rarement, passe en avant de la crosse saphène interne.
Enfin, lorsqu'un reflux est détecté par l'examen Doppler sur le
tronc saphène interne, cinq origines pourront lui être attribuées
au niveau inguinal. Le plus souvent, il s'agira d'une lésion de la valvule
ostiale saphène à la jonction saphéno-fémorale. Plus
rarement, cette valvule étant parfaitement continente, le reflux provient
d'une collatérale de la crosse saphène interne. Ailleurs, le reflux
aura pour origine une veine perforante haute, une veine saphène accessoire,
voire un réseau périnéal.
Un facteur déterminant et pourtant peu connu de la genèse des récidives
consiste en l'éventualité d'un dédoublement du tronc saphène
en deux plans superposés (Figure 61 C). A l'échographie, le tronc
saphène interne dilaté que l'on suit depuis l'aine, semble quitter
son "ceillet" aponévrotique à mi-cuisse (Figure 61 D).
En fait, il s'agit d'un dédoublement susaponévrotique dans lequel
passera le guide lors d'un éveinage. On peut craindre que le vrai tronc
saphène interne passe inaperçu à l'échographie si
son diamètre est inférieur à 2 millimètres. La méconnaissance
de ce tronc saphène interne qui n'a pas quitté son "oeillet" aponévrotique,
représente un facteur fréquent de récidive postéveinage
et ceci, d'autant qu'il peut recevoir une veine perforante de Dodd.
Dans d'autres cas, le tronc saphène interne se dédouble dans un
même plan (Figure 61 E). La veine perforante de Dodd se dédouble
alors en lambda (Figure 61 F).
Variations anatomiques, étroitesse des rapports avec les éléments
artérionerveux rendent compte de la difficulté du traitement chirurgical
des veines perforantes de la région crurale.
Figure 61C : Veines perforantes du canal de Hunter.
Variations anatomiques et correspondances échographiques. | Figure 61D
|
Figure 61E |
Figure 61F |

Pour en savoir plus
Davy A. Les varices. Entretiens phlébologiques. Expansion Scientifique
Française, Paris, 1974.
Lawday-Mussot S. La veine perforante du canal de Hunter : son incidence dans
la pathologie variqueuse et son traitement. Phlébologie 1991; 44: 603-13.
Muller J.M. Anatomie chirurgicale de la veine perforante du canal de Hunter.
Phlébologie 1987; 40: 575-82.
Rettori R. Le rôle des perforantes de la face interne de la cuisse dans
la récidive variqueuse. Phlébologie 1982; 35: 475-83.
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